Vampyr
Ciné-concert par le groupe Untel / Film de C. T. Dreyer

"Vampyr", ou "L'étrange Aventure d'Allan Gray" (Vampyr - Der Traum des Allan Grey), film franco-allemand réalisé en 1932 par Carl Theodor DREYER
Musique par Untel
Durée : 1H23

Après sa création musicale dans le cadre de Soundtrack #2 à l’Athénéum (2004) et de l’Estivade de Dijon (2005), le groupe s’engage sur une nouvelle création ciné-concert. La préférence du groupe s’oriente d’abord sur un mouvement artistique qui a eu une forte influence au cinéma : L’expressionnisme. De part sa recherche formelle, son esthétique novatrice qui a donné naissance à un univers onirique et angoissé, l’ambiance musicale d’untel trouve ici une proposition idéale à son incarnation visuelle. Écartant les classiques du genre (Nosferatu de Murnau, Le cabinet du Docteur Caligari de Wiene...), le choix du groupe s’est porté sur "Vampyr" de Carl Theodor DREYER, un film muet de 1932 (1H15).

Un jeune homme, David Gray, arrive un soir à l’auberge de Courtempierre, village situé au bord d’une rivière. La nuit, un vieillard pénètre dans sa chambre pour implorer son aide. Il disparaît aussi mystérieusement qu’il est entré en laissant un paquet... David répond à son appel. Guidé par des ombres étranges, il parvient au château où habite le vieil homme et ses deux filles, Gisèle et Léone, cette dernière gravement malade. David arrive trop tard pour sauver le vieillard qui meurt sous ses yeux. Il réconforte de son mieux Gisèle puis ouvre le paquet laissé par le père de celle-ci : il contient un livre expliquant les méfaits des vampires et le moyen d’y remédier...

 

Le réalisateur a plutôt misé sur le visuel, ce qui nous donne un film absolument étrange contenant des images fascinantes : « ... convaincu que le sentiment de terreur naît de la suggestion et non de l’effet, le cinéaste nous plonge dans un monde peuplé d’ombres facétieuses, un cauchemar éveillé. Dreyer fut enthousiasmé par le tirage d’une première bobine qui, à la suite d’une imperfection technique, donna à la photographie une atmosphère brumeuse. Le chef opérateur Rudolph Maté brouilla alors délibérément le reste du film, ce qui en intensifie le climat onirique » (Franck Garbaz, Télérama).

Le N/B de l'image n’étant pas très contrasté, le gris délavé accentue l’intemporalité du film. Vampyr distille à l’aide d’images fantomatiques et de décors vaporeux une inquiétante étrangeté, réhaussée par une narration labyrinthique.

Le point fort de cette œuvre reste cette ambiance déstabilisante que ressent progressivement le spectateur. Un véritable malaise s’installe devant les images qui se suivent, se chevauchent sans but scénaristique; un film fragmenté qui laisse un large espace à la création musicale. Loin de donner une cohérence a ce film qui ne l’est -a priori- pas, untel privilégie des séquences rythmiques discontinues, préférant renforcer, appuyer musicalement cette étrange incertitude qui parcourt l’oeuvre de Dreyer. Afin d’apporter un grain sonore brouillé et sale qui  fait écho à l’image grisâtre, le trio a choisi de compléter son style electro-rock par l’utilisation d’un vieil orgue électrique Farfisa et d’un synthétiseur analogique de la fin des années 70, le Korg MS-20. Entre séquences douces-amères, envolées rythmiques soutenues et guitares saturées, les musiciens tentent de réactualiser un film magnifique et poétique, aux effets stupéfiants pour l’époque.

 

Agenda

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11 mai 2012 - 20:30
- Cinéma La Bobine / Quimperlé

Collectif R.A.S. - 2 rue Boutaric Appartement 118 - 21000 Dijon

03 80 30 15 81 - info(at)collectif-ras.org